Eu egard a la situation economique que nous connaissons, le niveau actuel de la marge de fluctuation est adequat. Nos previsions, comme toutes celles qui sont faites a long terme, sont grevees d’incertitudes. Une des incertitudes vient du prix du petrole qui a ete caracterise par une forte volatilite ces derniers temps et qui a de nouveau marque une legere hausse. Si, contrairement a notre hypothese, le prix du petrole devait encore augmenter ces prochains mois, notre prevision d’inflation s’avererait trop optimiste. Les risques decoulant de l’evolution de la conjoncture aux Etats-Unis sont toutefois beaucoup plus importants. Si l’economie americaine devait subir un refroidissement plus fort que ce qui est attendu ou si la situation devait se modifier de maniere inattendue et sensible sur les marches des changes, la Banque nationale serait amenee a reexaminer le cap de sa politique monetaire. Rapport destine a la Direction generale, pour l’examen trimestriel de la situation, et au Conseil de banque Le rapport a ete approuve le 7 juin 2001. Autant que possible, il tient compte egalement des informations publiees apres cette date. Les comparaisons d’un trimestre a l’autre reposent sur des donnees corrigees des variations saisonnieres. Au cours des premiers mois de 2001, la conjoncture s’est globalement refroidie, et l’incertitude quant a l’evolution future de l’economie mondiale a augmente. Les perspectives a moyen terme sont demeurees favorables, mais les previsions de croissance pour 2001 ont ete fortement revues a la baisse. Dans ses previsions du printemps, l’OCDE table sur une croissance reelle de 2% seulement pour ses pays membres; elle s’attendait encore a 3,3% en decembre dernier. Apres avoir perdu beaucoup de sa vigueur au second semestre de 2000, l’economie americaine a peu progresse au premier trimestre de cette annee. En revanche, la conjoncture n’a pas faibli autant en Europe. Par consequent, la Banque centrale europeenne n’a reduit que legerement ses taux directeurs, alors que les autorites monetaires americaines ont assoupli rapidement leur politique. Au Japon, l’economie a fortement ressenti le flechissement de la demande etrangere, et la situation conjoncturelle s’est encore deterioree. Aussi la banque centrale japonaise a-t-elle laisse les taux a court terme se rapprocher de 0%. Faible croissance aux Etats-Unis D’un trimestre a l’autre, le produit interieur brut reel des Etats-Unis a augmente de 1,3% (en taux annualise) au premier trimestre, contre 1,1% au quatrieme trimestre de 2000. Il depassait ainsi de 2,5% le niveau observe un an auparavant (quatrieme trimestre: 3,4%). L’emploi n’a progresse que faiblement, et le taux de chomage s’est accru, passant de 4% en decembre a 4,5% en avril. Au premier trimestre, la consommation privee et la construction de logements ont enregistre toutes deux des croissances toujours robustes. Contrairement aux attentes, la chute des cours des actions americaines au second semestre de 2000 n’a guere affecte la propension a consommer. Quant aux investissements en constructions, ils ont sans doute ete stimules par le repli des taux d’interet. Par contre, les exportations et les investissements en biens d’equipement ont recule. En outre, les stocks ont diminue pour la premiere fois depuis dix ans. L’affaiblissement de l’economie a entraine egalement une baisse massive des importations. Le refroidissement de la conjoncture a eu des repercussions particulierement fortes sur l’industrie manufacturiere, qui occupe pres de 15% des personnes actives. La diminution de la production s’est acceleree au premier trimestre, et le taux d’utilisation des capacites de production est tombe au-dessous de sa moyenne a long terme. Selon les indicateurs avances, la conjoncture devrait rester faible au moins jusqu’au milieu de l’annee. Leger affaiblissement en Europe En Europe egalement, les elements moteurs de la conjoncture ont perdu de leur vigueur. Selon de premieres estimations, le produit interieur brut reel de la zone euro a augmente de 2% au premier trimestre, en taux annualise, contre 2,4% au quatrieme trimestre de 2000. En comparaison annuelle, son expansion a ete de 2,5%. Le fort ralentissement de la conjoncture en Allemagne a pese tout particulierement sur l’ensemble de la zone. Selon les indicateurs conjoncturels, la croissance economique est demeuree moderee dans la zone euro. Dans l’industrie, la confiance a encore faibli en avril; toutefois, l’indice du climat des affaires etait toujours nettement au-dessus de sa moyenne a long terme. L’industrie de la construction et le commerce de detail sont restes relativement optimistes et, ces derniers mois, les consommateurs etaient un peu plus confiants qu’au debut de l’annee. L’economie britannique a elle aussi marque un ralentissement au premier trimestre. En comparaison annuelle, la croissance du produit interieur brut reel s’inscrivait a 2,5%. La consommation privee a continue a evoluer favorablement, mais les exportations et les investissements ont perdu de leur vigueur. Difficultes persistantes au Japon Apres une legere amelioration au quatrieme trimestre, les perspectives de l’economie japonaise se sont de nouveau assombries durant les premiers mois de 2001. Le Japon a ete confronte non seulement a une demande interieure faible, mais aussi, et de plus en plus, au ralentissement de la conjoncture aux Etats-Unis et dans les economies d’Asie orientale. Selon les enquetes les plus recentes, les perspectives conjoncturelles restent moroses. Le nouveau gouvernement japonais, elu a fin avril, a l’intention d’accelerer les reformes structurelles, depuis longtemps necessaires; les vastes programmes de relance economique adoptes par l’Etat ces dix dernieres annees n’ont pas obtenu le succes escompte. Pour assainir le systeme bancaire qui souffre toujours du lourd fardeau des actifs douteux, le gouvernement entend injecter de nouveaux fonds publics. Hausse du rencherissement en Europe L’acceleration du rencherissement dans les pays industrialises a pris fin dans les premiers mois de 2001. En moyenne des sept grands pays de l’OCDE, le rencherissement – mesure aux prix a la consommation – s’inscrivait a 2,2% en mars, contre 2,5% en decembre. Sans les prix de l’alimentation et de l’energie, il est reste inchange a pres de 2%. Aux Etats-Unis, le rencherissement s’etablissait a 3,4%, au premier trimestre de 2001 comme le trimestre precedent. Dans la zone euro et au Royaume-Uni, il a marque un leger ralentissement, passant a respectivement 2,5% et 2,6%. En avril toutefois, la hausse des prix s’est de nouveau acceleree dans la zone euro a la suite de la forte reprise des couts de l’energie et des prix des denrees alimentaires; le rencherissement y atteignait alors 2,9%. La France avait le taux le plus faible, soit 2%. Le rencherissement etait de 2,9% en Allemagne et de 3% en Italie. Au Japon, les prix ont continue a diminuer; en avril, ils etaient inferieurs de 0,4% a leur niveau du mois correspondant de 2000. Sensible assouplissement de la politique monetaire aux Etats-Unis La banque centrale des Etats-Unis a fortement relache les renes monetaires depuis le debut de l’annee. En janvier deja, elle a ramene le taux de l’argent au jour le jour de 6,5% a 5,5% en deux etapes. Elle l’a encore reduit d’un demi-point les 20 mars, 18 avril et 15 mai. Ainsi, le taux de l’argent au jour le jour s’etablissait a 4% apres la baisse du 15 mai. Les autorites monetaires americaines ont abaisse egalement le taux de l’escompte, le fixant a 3,5%. Les taux d’interet a court terme ayant peu diminue dans la zone euro, la remuneration des depots a trois mois en dollars etait inferieure, a la mi-avril, a celle des placements correspondants en euros.

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