Les prix a l’importation ont sensiblement diminue entre decembre et fevrier, et le rencherissement annuel a passe de 6,8% en moyenne au quatrieme trimestre a 1,3% en fevrier. Repartis selon la categorie de biens, les prix des matieres premieres ont recule de 3% en comparaison annuelle. Le rencherissement annuel des produits semi-finis et des biens de consommation a diminue nettement pour s’inscrire a respectivement 2,2% et 1,2% en fevrier. Quant a la hausse des prix des biens d’equipement, elle est restee inchangee a 1,3%. Prix a l’importation en repli En 2000, le rencherissement mesure a l’indice des prix a la consommation etait imputable, a raison d’un point de pourcentage, a la hausse des prix du petrole. Pour le proche avenir, de legeres baisses de prix sont attendues, bien que les pays de l’OPEP aient decide de reduire leurs quotas de production a partir de fevrier et d’avril 2001. L’hiver peu rigoureux en Europe et le ralentissement de la conjoncture dans l’industrie americaine, qui a pour consequence d’accroitre les stocks, devraient entrainer une diminution des prix. Le refroidissement de l’activite economique aux Etats-Unis devrait egalement orienter a la baisse les prix des metaux, des produits semi-finis et des biens d’equipement. Si l’on part en outre de l’hypothese que le franc se revalorisera quelque peu au cours de l’annee, on peut s’attendre a un recul des prix a l’importation, ce qui moderera vraisemblablement l’evolution des prix a la consommation. Hausse attendue des prix L’enquete du quatrieme trimestre 2000 menee par le Centre de recherches conjoncturelles de l’EPFZ montre une pression accrue a la hausse sur les prix des marchandises. Les entreprises axees principalement sur le marche interieur s’attendent pour la plupart et de plus en plus a des prix de vente en augmentation. La part des entreprises qui tablent sur des prix d’achat plus eleves s’accroit depuis le milieu de 1999 deja. Faibles impulsions sur le rencherissement generees par le marche du travail La vive croissance economique a engendre une penurie marquee de personnel dans certaines branches, de sorte que les augmentations de salaires se sont imposees plus facilement que precedemment. Selon des estimations du Centre de recherches conjoncturelles de l’EPFZ, les salaires nominaux progresseront cette annee de 2,9% en moyenne; compte tenu d’un rencherissement attendu de 2% environ, il en decoulera un accroissement de pres de 1% des salaires reels. Etant donne que la hausse escomptee de la productivite du travail est quelque peu superieure (1,3%), les couts unitaires du travail n’augmenteront guere en termes reels et le marche du travail devrait generer de faibles impulsions inflationnistes. Dans les services toutefois, il faut s’attendre a une pression sur les salaires plus forte que dans l’industrie en raison de la part plus elevee des couts salariaux, d’un accroissement de la productivite inferieur a la moyenne dans nombre de domaines et d’une concurrence moins exacerbee. Loyers en hausse – Prix soumis a des pressions persistantes sur les marches liberalises Les loyers des logements jouent un grand role dans l’evolution du rencherissement; ils entrent en effet pour 20% dans le panier de l’indice des prix a la consommation. Leur adaptation, qui avait ete annoncee l’annee derniere a la suite de relevements des taux hypothecaires, n’entrera en vigueur pour l’essentiel qu’en avril 2001. La part des logements vacants s’etant etablie dans l’intervalle a un bas niveau, notamment dans les villes et les agglomerations, la hausse des loyers pourrait s’accelerer dans ces regions. Des facteurs continueront cependant a exercer un effet moderateur sur l’evolution des prix a la consommation. Parmi ceux-ci figurent, outre une vive concurrence, les mesures de dereglementation dans les telecommunications et l’agriculture. Dans le domaine de l’electricite, une baisse des prix devrait en outre decouler de l’ouverture de ce marche. Malgre l’absence de modalites legales, les prix de l’electricite ont deja ete soumis a de fortes pressions pour les gros consommateurs. Capacites de production pleinement utilisees L’ecart de production en tant qu’indicateur de l’utilisation des capacites techniques de l’economie s’est resorbe entierement (voir chiffre 3.5); il est devenu legerement positif a partir du milieu de 2000. Le produit interieur brut reel s’accroit, depuis le second semestre, a peu pres au meme rythme que le potentiel de croissance de l’economie. De ce fait, il n’y a plus aucun risque de voir se constituer un excedent de la demande qui pourrait attiser l’inflation. Faible incidence de la RPLP sur le rencherissement La redevance poids lourds proportionnelle aux prestations (RPLP) est entree en vigueur le 1er janvier 2001. Concue comme taxe d’incitation, elle vise a contrecarrer l’accroissement du trafic des poids lourds, qui est attendu a la suite du relevement de 28 a 40 tonnes de la limite de poids pour les camions. La RPLP s’applique aussi bien aux vehicules suisses qu’etrangers. Elle est calculee d’apres le poids total, la categorie d’emissions et le nombre de kilometres parcourus en Suisse. Y sont soumis tous les vehicules routiers, d’un poids superieur a 3,5 tonnes, destines au transport de personnes et de marchandises. Selon des estimations de l’OFS, l’augmentation, due a la RPLP, de l’indice des prix a la consommation ne devrait s’inscrire qu’a 0,1 point, car cette redevance induit certes une hausse des prix des transports, mais aussi, en contrepartie, des gains substantiels de productivite (moins de voyages a vide, plus grandes surfaces de chargement). 6.3 Prevision de rencherissement pour les annees 2001 a 2003 En decembre 2000, la Banque nationale avait table sur une acceleration du rencherissement a un peu plus de 2% en 2001. Cette prevision reposait avant tout sur deux facteurs, la hausse du prix du petrole et le vigoureux essor de la conjoncture. Le reexamen de la prevision d’inflation, effectue a l’occasion de l’appreciation trimestrielle du 22 mars 2001 de la situation economique et monetaire, a montre que la pression sur les prix s’est attenuee quelque peu dans l’intervalle. Le repli, plus rapide que prevu, du prix du petrole et le net affaiblissement de la conjoncture americaine ont joue un role determinant a cet egard. Ces deux facteurs ont reduit le risque de voir l’inflation passer au-dessus de 2% au cours de cette annee. Par contre, les autres risques decoulant de l’environnement international ont augmente. Aussi la Banque nationale suisse a-t-elle decide d’abaisser de 0,25 point la marge de fluctuation du Libor a trois mois, marge qui a ainsi passe a 2,75%– 3,75%. La precedente modification de sa politique monetaire remonte au 15 juin 2000; l’institut d’emission avait alors releve la marge d’un demi-point, la portant a 3%–4%. Le logiciel MoPoS (MoPoS ci-apres) est un jeu pour ordinateur dans lequel l’utilisateur joue le role d’une banque centrale et peut simuler la politique monetaire d’une economie virtuelle simple. L’objectif du jeu vise a introduire le joueur au fonctionnement de la macroeconomie et, surtout, aux possibilites et limites de la politique monetaire. Le logiciel peut etre commande sur disquette1 ou telecharge directement a partir du site Internet de la BNS. Il necessite le programme Excel 97. L’utilisateur ne doit pas disposer de connaissances specifiques prealables. Le logiciel offre de nombreuses possibilites d’emploi, si bien qu’il se prete notamment a l’enseignement de l’economie. La simulation repose sur un modele economique ne refletant pas la situation d’un pays reel. Il en resulte qu’il n’est pas utilise par la BNS pour preparer des decisions de politique monetaire ou des previsions d’inflation. Une banque centrale doit essentiellement faire face a deux difficultes. D’une part, les effets des mesures de politique monetaire ne se repercutent pas immediatement sur l’economie, mais avec un decalage dans le temps. D’autre part, elle est confrontee a differentes formes d’incertitudes dans son analyse de la situation. D’importantes variables macroeconomiques sont sujettes a des fluctuations aleatoires. Elles sont egalement difficiles a mesurer avec precision et sont souvent revisees ulterieurement (le cas du produit national brut en est un exemple).