Si les livraisons a la France et au Royaume-Uni ont affiche une expansion a deux chiffres, les ventes a l’Allemagne, a l’Autriche et a l’Italie ont progresse a un rythme inferieur a la moyenne. Vigoureuse demande des pays hors de l’UE La demande des pays hors de la zone de l’UE est restee vigoureuse, bien que plusieurs taux de croissance aient flechi. Ainsi, les exportations (nominales) vers les Etats-Unis se sont accrues de 11,2%, alors qu’elles avaient marque une expansion de 18,2% au troisieme trimestre. En revanche, les ventes au Japon ont continue a progresser; elles depassaient de pres de 30% leur niveau du quatrieme trimestre de 1999. Les livraisons a la Chine et aux pays asiatiques nouvellement industrialises ont elles aussi sensiblement progresse, soit de 47,1% et 20,9%; la demande de la Coree du Sud, de la Thailande et de la Malaisie a ete particulierement dynamique. En outre, les exportations vers l’Amerique latine et l’Europe orientale sont restees nettement superieures a leur niveau de la periode correspondante de 1999. Quant aux ventes aux pays de l’OPEP, elles ont poursuivi leur croissance, mais a un rythme moins eleve qu’au troisieme trimestre. Fort accroissement des importations En volume, les importations se sont nettement accelerees au quatrieme trimestre. Elles etaient superieures de 12,8% au niveau observe un an auparavant, contre 6,6% au troisieme trimestre. Leur acceleration a decoule principalement des achats a l’etranger de biens d’equipement, dont la croissance a passe de 4,8% au troisieme trimestre a pres de 19% au trimestre suivant. Outre les importations d’ordinateurs, celles de camions et de machines de chantier ont augmente davantage que la moyenne. Du cote des biens de consommation, l’expansion a atteint 12,7%, apres 4,2% au troisieme trimestre. Par contre, les importations de produits energetiques ont progresse en volume de 2,2% seulement, contre 8,8% au troisieme trimestre. Les importations de matieres premieres et produits semi-finis se sont elles aussi accrues a un rythme moins eleve. Hausse plus lente des prix a l’exportation et a l’importation Mesures aux valeurs moyennes, les prix a l’exportation s’inscrivaient, au quatrieme trimestre, 2,4% au-dessus de leur niveau de la periode correspondante de 1999; le trimestre precedent, leur augmentation avait ete de 3,7%. Les importations ont quant a elles rencheri de 5,2%, soit moins fortement qu’au troisieme trimestre (7,9%). La deceleration s’explique notamment par la hausse plus faible des prix des produits energetiques. Tendances au premier trimestre de 2001 Au debut de 2001, les exportations de biens, en volume, ont continue a evoluer favorablement, mais a un rythme un peu plus lent qu’au quatrieme trimestre. En moyenne des mois de janvier et de fevrier, elles depassaient de 7,4% (en donnees corrigees des jours ouvrables) leur niveau de la periode correspondante de 2000. En volume toujours, la croissance des importations a par contre diminue de moitie, passant a 6,6%. Ce repli est du essentiellement aux biens d’equipement et de consommation qui, apres leur vive expansion du quatrieme trimestre, ont progresse de maniere plus moderee. Un net ralentissement de la croissance a ete observe egalement dans le domaine des matieres premieres et produits semi-finis; en janvier et fevrier, ces achats a l’etranger depassaient de 2,5% le niveau observe un an auparavant, contre 8% au quatrieme trimestre. On peut y voir le signe d’une conjoncture qui commence a perdre de son dynamisme dans l’industrie. Balance des transactions courantes En comparaison annuelle, les importations nominales de biens se sont accrues de 13,3% (en donnees non corrigees des jours ouvrables) au quatrieme trimestre, alors que la progression a ete de 6,1% du cote des exportations. Ainsi, la balance commerciale s’est soldee par un deficit de 0,9 milliard de francs, apres un excedent de 1,3 milliard au quatrieme trimestre de 1999. Le solde actif de la balance des services a augmente de 0,4 milliard – en raison principalement de commissions bancaires plus elevees – pour s’etablir a 5,4 milliards de francs. Les revenus de facteurs – revenus du travail et des capitaux – ont degage un excedent de 10,3 milliards de francs, soit 2,4 milliards de plus qu’un an auparavant. Leur hausse a decoule de recettes nettes plus importantes dans le domaine des investissements directs. La balance des transactions courantes s’est ainsi soldee par un excedent de 12,6 milliards de francs au quatrieme trimestre, contre 11,8 milliards un an auparavant. En 2000, l’excedent de la balance des transactions courantes a augmente de 7,4 milliards pour atteindre le niveau record de 52,4 milliards de francs, ce qui correspond a 12,9% du produit interieur brut nominal. Forte expansion des investissements en biens d’equipement Les investissements en biens d’equipement ont vigoureusement progresse au quatrieme trimestre. Ils depassaient de 9,8% leur niveau de la meme periode de 1999. Alors que la demande de biens d’equipement suisses a faibli quelque peu, les importations de tels biens se sont accelerees. Cette acceleration est due en partie aux achats de camions a l’etranger, qui ont fortement augmente eu egard a l’introduction prochaine de la redevance poids lourds liee aux prestations (RPLP). Les entreprises de transport ont importe avant tout des vehicules legers et peu polluants, qui sont moins taxes par la RPLP. Leger ralentissement en 2001 A court terme, les investissements varient en fonction surtout de l’evolution du taux d’utilisation des capacites de production et des resultats des entreprises. Selon l’enquete que le Centre de recherches conjoncturelles de l’EPFZ a menee au quatrieme trimestre, le taux d’utilisation des capacites techniques a continue a augmenter dans l’industrie pour atteindre 83,7%, soit un niveau legerement inferieur a sa moyenne a long terme. Les resultats des entreprises ont par contre stagne. L’enquete annuelle sur les investissements, effectuee en decembre 2000 par le Centre de recherches conjoncturelles de l’EPFZ, laisse entrevoir un dynamisme plus modere des investissements en 2001. Cette tendance etait toutefois beaucoup plus marquee dans le secteur des services que dans l’industrie. Poursuite de la croissance des investissements en constructions Au quatrieme trimestre, les investissements en constructions n’ont enregistre qu’une modeste progression d’un trimestre a l’autre; en comparaison annuelle, ils se sont cependant accrus de 2,8%, soit plus fortement que les deux trimestres precedents. Le repli du nombre des logements neufs indique un ralentissement des investissements dans la construction de logements. Selon les donnees fournies par la Societe suisse des entrepreneurs, l’activite s’est animee dans la construction de batiments pour l’industrie et l’artisanat du secteur prive. Ce segment a ete, avec le genie civil, le principal soutien de la construction. Perspectives favorables pour 2001 En 2000, les investissements en constructions ont augmente de 2,7% en termes reels, contribuant ainsi, pour la premiere fois depuis 1994, a la croissance du produit interieur brut reel. En 2001, ils devraient progresser a peu pres au meme rythme et donner une nouvelle fois des impulsions positives a la demande interieure. La croissance des investissements devrait etre faible dans le secteur du logement, mais vigoureuse du cote des constructions pour l’industrie et l’artisanat ainsi que pour le secteur public. Les grands projets d’infrastructure de la Confederation continueront a jouer un role important. En outre, on peut aussi escompter des depenses de constructions plus elevees des communes, dont la situation financiere s’est amelioree. Rencherissement dans la construction Mesure a l’indice suisse des prix de la construction, le rencherissement s’est quelque peu modere. Cet indice, qui fait l’objet de deux releves par an, avait fortement augmente en avril 2000; en octobre par contre, le rencherissement avait diminue dans les trois segments sur lesquels porte cette enquete, puisqu’il etait de 3,3% dans la construction de batiments administratifs, de 3% dans la renovation d’immeubles d’habitation et de 5,3% dans la construction de routes.