Depuis la derniere analyse de la situation, donc depuis le mois de juin, les pressions a la hausse sur les prix ont diminue en Suisse. Aucun indice ne montre que la stabilite des prix est menacee a moyen terme. Cette perspective permet a la Banque nationale d’assouplir une nouvelle fois sa politique monetaire. La croissance de l’economie suisse s’est encore ralentie, mais son rythme, compare a l’evolution observee a l’etranger, est reste jusqu’ici a un niveau appreciable. Les risques decoulant de l’environnement international ont cependant augmente dans une forte mesure. L’incertitude pesant sur l’evolution economique en Suisse s’est donc elle aussi accrue. Au deuxieme trimestre de 2001, l’economie suisse a enregistre un taux d’expansion de 2% en comparaison annuelle. Elle a continue a perdre de son dynamisme. D’un trimestre a l’autre, la croissance s’est etablie a 1,7% en taux annualise, contre 2% au premier trimestre. Le ralentissement touche surtout les investissements et les exportations; en revanche, la consommation a marque une fois encore une progression considerable. La croissance pourrait connaitre un nouveau tassement aux troisieme et quatrieme trimestres, etant donne la stagnation des exportations. Le marche interieur restera probablement soutenu par la consommation et, partant, ne perdra pas autant de vigueur que l’industrie d’exportation. Sur le marche du travail, la situation ne devrait guere changer durablement, et le taux de chomage n’augmentera sans doute que legerement. Dans l’ensemble, on peut s’attendre a une reprise de la conjoncture au cours de l’annee prochaine. Mesure a l’indice suisse des prix a la consommation, le rencherissement annuel s’est accelere, passant de 1% au premier trimestre a 1,5% au deuxieme trimestre. Il a ensuite flechi pour s’inscrire a 1,4% en juillet et a 1,1% en aout. Ce repli a decoule en partie de facteurs speciaux, notamment de la forte influence que les soldes dans l’habillement ont eue sur les prix. Par consequent, la ten-dance generale des prix devrait etre legerement superieure au rencherissement qui ressort de l’indice des prix a la consommation. Actuellement, quelques pressions a la hausse sur les prix sont observees dans les services du secteur prive et les loyers. Les prix des marchandises d’origine suisse ne subissent cependant guere de pressions. La ponderation accrue des produits petroliers, dont les prix fluctuent, et la prise en compte des soldes dans le nouvel indice suisse des prix a la consommation contribuent a une volatilite plus grande des taux de rencherissement d’un mois a l’autre. La Banque nationale est toujours optimiste en ce qui concerne les perspectives d’inflation a moyen terme. Le ralentissement de l’economie mondiale et de la conjoncture en Suisse a un effet moderateur sur l’evolution des prix. Compte tenu des repercussions de sa decision d’abaisser les taux d’interet, l’institut d’emission table, pour les trois prochaines annees, sur une prevision d’inflation inchangee par rapport a celle qui avait ete publiee en juin 2001, apres l’analyse de la situation. Pendant toute la periode sur laquelle porte la prevision, l’inflation devrait se maintenir nettement au-dessous de 2% et rester ainsi dans la zone assimilee a la stabilite des prix. La Banque nationale s’attend a ce que la conjoncture redemarre aux Etats-Unis et en Europe au cours du premier semestre de 2002. Dans sa prevision, elle table egalement sur une relative stabilite de la relation de change entre le dollar et l’euro et sur un prix du petrole qui retrouvera un niveau d’environ 25 dollars le baril. La Banque nationale considere que le nouveau niveau des taux d’interet est a meme de garantir la stabilite des prix a moyen terme et de permettre une croissance equilibree de l’economie. Les risques qui pesent sur l’evolution de l’economie mondiale sont considerables en ce moment. Une recession aux Etats-Unis ou une depreciation durable du dollar pourraient engendrer des effets deflationnistes en Europe et en Suisse. La Banque nationale devrait, le cas echeant, reexaminer le cap donne a sa politique monetaire. La progression de la masse monetaire M3 s’etant acceleree ces derniers temps, la prudence serait de rigueur, en cas d’assouplissement supplementaire de la politique monetaire, si l’on ne veut pas menacer la stabilite des prix a moyen terme. La Banque nationale suisse abaisse la marge de fluctuation du Libor a trois mois – Inquietude au sujet de la relation de change entre l’euro et le franc La Banque nationale suisse a decide d’abaisser de 0,5 point, avec effet immediat, sa marge de fluctuation du Libor a trois mois, marge qui passe ainsi a 1,75%–2,75%. Cette mesure est prise en reaction a la forte et rapide revalorisation que le franc suisse a enregistree ces derniers jours face a l’euro. La hausse du franc vis-a-vis de l’euro, au moment ou la croissance economique faiblit, preoccupe beaucoup la Banque nationale. Si le franc devait se maintenir a son niveau actuel, il en resulterait un durcissement indesirable du cours de la politique monetaire. La revalorisation du franc reflete les incertitudes politiques accrues. Il est aujourd’hui difficile de dire jusqu’a quand ces incertitudes dureront. La Banque nationale suivra attentivement l’evolution sur le marche des changes. Au besoin, elle fera usage de la marge de manoeuvre dont elle dispose en matiere de politique monetaire. Nouvel assouplissement de la politique monetaire – La marge de fluctuation du Libor a trois mois passe de 1,75%–2,75% a 1,25%–2,25% La Banque nationale a decide d’abaisser d’un demi-point la marge de fluctuation du Libor a trois mois, marge qui passe ainsi a 1,25%–2,25%. Jusqu’a nouvel avis, le Libor a trois mois sera maintenu dans la zone mediane de la marge de fluctuation. Dans la periode recente, la Banque nationale a deja adapte a deux reprises sa politique monetaire. Tant le 17 que le 24 septembre 2001, elle a en effet reduit d’un demi-point la marge de fluctuation du Libor a trois mois. Elle a ainsi reagi a l’affaiblissement des pressions a la hausse sur les prix et a une evolution indesirable du cours du franc. Depuis, les perspectives economiques ont continue a se deteriorer sur le plan mondial. En Suisse, aucun signe ne laisse percevoir une menace sur la stabilite des prix a moyen terme. Cette evolution permet de proceder aujourd’hui a une nouvelle baisse des taux d’interet. Depuis le debut de l’annee 2001, la Banque nationale a abaisse au total de 1,75 point la marge de fluctuation du Libor a trois mois et, partant, assoupli nettement sa politique monetaire. Avec un Libor a trois mois maintenu a un niveau de 1,75%, le rencherissement devrait s’inscrire entre 0,9% et 1,5% ces trois prochaines annees. La Banque nationale escompte une croissance du produit interieur brut reel de 1,5% en 2001. Pour l’annee 2002, elle s’attend a une croissance d’environ 1%. Decisions de politique monetaire (p. 8) Le 22 mars 2001, la Banque nationale suisse a decide d’abaisser de 0,25 point la marge de fluctuation du Libor a trois mois, marge qui a ainsi passe a 2,75%–3,75%. Les pressions a la hausse sur les prix ont diminue quelque peu depuis fin 2000, et aucun signe n’indique actuellement que la stabilite du niveau des prix pourrait etre menacee a moyen terme. Cela permet une baisse des taux d’interet.

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