Recemment, Romer (2000) a estime qu’un tel modele comprenait l’essentiel de la theorie macroeconomique actuelle.14 Selon l’equation (1), la production potentielle, y*, augmente chaque trimestre de g plus un facteur de perturbation aleatoire (choc potentiel). Dans l’installation standard des parametres, g est egal a 0,375%, de sorte que le potentiel de production croit en moyenne de 1,5% par an. L’equation (2) est la courbe de Phillips determinant le taux d’inflation. Les surprises relatives a l’inflation, c’est-a-dire les ecarts du taux d’inflation par rapport a l’inflation anticipee, . – E{.}, sont une fonction de l’ecart actuel et des ecarts des quatre derniers trimestres. On multiplie par quatre les effets des ecarts sur le taux d’inflation, car . et E{.} sont des taux de variation trimestrielle convertis en taux annuels. Toutes les autres influences font partie du facteur de perturbation aleatoire (chocs au niveau des prix). L’equation (3) determine la demande agregee. Elle prevoit que l’ecart de production y – y* comprend tout d’abord une composante autoregressive (l’ecart d’hier determine partiellement celui d’aujourd’hui). De plus, la somme ponderee des ecarts actuels et differes du taux d’interet reel i – E{.} par rapport a un taux d’interet reel neutre r* influe sur l’ecart de production. Le facteur de perturbation resume l’ensemble des chocs au niveau de la demande. L’equation (4) determine la formation des anticipations. L’inflation prevue, E{.}, est une combinaison convexe de l’inflation de la periode precedente, .–1, et d’une prevision d’inflation, . ols, basee sur une simple equation de regression qui comprend, comme variables explicatives, l’inflation, la croissance economique reelle, ainsi que la croissance de la masse monetaire des quatre derniers trimestres.15 Le modele comprend en outre un bloc de controle qui determine l’attitude de la banque centrale. Ce bloc comprend trois equations: r* est le taux d’interet reel neutre de l’equation (3). Nous supposons, (5), que ce taux d’interet fluctue stochastiquement aux environs de r**. Dans l’installation standard de MoPoS, r** est egal a 2%. L’equation (6) tient compte du fait que la banque centrale ne peut pas, en regle generale, atteindre exactement le taux d’interet vise. Le taux d’interet effectif, i, est donc egal au taux d’interet vise plus une erreur de controle. L’equation (7) est la regle de feed-back monetaire de Taylor (1997). La politique monetaire reagit ainsi systematiquement a l’ecart de production prevu, E{gap}, et a l’ecart entre l’inflation annuelle et l’objectif d’inflation, p–p–4–.*. L’ecart de production ne pouvant pas etre observe16, il est estime comme la difference entre le logarithme de la production et sa tendance lineaire. r** est le taux d’interet reel neutre moyen, p–p–4 est le taux d’inflation annuelle et .* est le taux d’inflation vise. Les parametres de la regle proposes par Taylor sont .. = .y = 1/2 et .* =2%. Erreurs d’observation. Ni le public ni la banque centrale ne disposent de statistiques economiques parfaitement fiables. Les donnees afferentes a l’activite economique generale et au niveau des prix (deflateur du produit national brut) sont soumises a plusieurs revisions. Meme les chiffres definitifs sont des estimations et non des mesures exactes.17 Pour en tenir compte, nous supposons que l’observation de la production reelle actuelle, y, et du niveau actuel des prix, p, est tout d’abord inexacte et que les vraies valeurs ne sont disponibles qu’avec un certain retard (quatre trimestres avec l’installation standard du logiciel). L’equation (9) decrit l’equilibre sur le marche monetaire (courbe LM). La demande monetaire reelle augmente avec le revenu reel et diminue avec le taux d’interet nominal. Conformement a l’equation (10), le parametre qui fixe la position de la courbe LM, v, croit a un taux stochastique de w en moyenne. Ceci implique que la vitesse de la circulation de la monnaie a une ten-dance lineaire. L’equation (11) definit le niveau des prix. Notez que la production et le niveau des prix peuvent etre egalement determines sans les equations (9) et (10). La masse monetaire joue un role largement passif. Elle n’agit sur les autres variables que par l’equation de prevision des anticipations inflationnistes, dans laquelle elle figure comme variable explicative. La raison du role passif de la masse monetaire decoule de notre hypothese que l’institut d’emission controle le taux d’interet, de sorte que la masse monetaire est endogene.18 Neanmoins, la masse monetaire peut etre un indicateur utile de la politique monetaire. Comme nous avons suppose que la demande de monnaie est une fonction des vraies valeurs de p et y, non faussees par les erreurs d’observation, la masse monetaire contient des informations que l’on ne peut obtenir par ailleurs. Si l’on veut conferer a la masse monetaire un role determinant dans la formulation de la politique monetaire dans le jeu avec le pilote automatique, la fonction de reaction de la politique monetaire doit egalement etre modifiee (voir chapitre 3.3). Le dernier element du modele est une fonction de prosperite sociale. Elle determine l’expression du visage sur les feuilles control et advanced control, Le visage sourit lorsque la croissance economique reelle annuelle, y – y–4, depasse la moyenne annuelle de long terme et que le niveau des prix est quasiment constant. La mine s’assombrit lorsque le taux de croissance est bas, voire negatif, et que le taux d’inflation s’ecarte sensiblement de zero vers le haut ou vers le bas. Chocs autoregressifs Tous les chocs des equations du modele sont determines par un processus AR(1). Il en resulte qu’une partie du choc de la periode precedente, choc–1, influence le choc de la periode actuelle, . constitue le coefficient d’autocorrelation. Si . > 0, un choc positif suivra probablement le choc positif de la prochaine periode; si . < 0, il faut s’attendre plutot a un choc negatif apres le choc positif. Si . = 0, le choc actuel ne depend pas de celui de la periode precedente; si . = 1, les innovations du passe contaminent pour toujours le choc, le processus a donc une memoire parfaite (marche aleatoire). Si . > +1 ou que . < –1, les chocs deviennent toujours plus importants et le systeme explose. L’illustration 4 montre des processus autoregressifs avec differents .. Ni la banque centrale ni le public ne peuvent observer les chocs. Cependant, il peut etre instructif pour le joueur de considerer de plus pres la suite des chocs que subit notre economie virtuelle au cours de la simulation. Vous trouverez ces informations sur la feuille unobservables. Pour comprendre le mecanisme du modele en detail, il convient d’examiner ces donnees. Vous pouvez notamment comparer sur cette feuille le veritable ecart de production avec l’ecart estime, utilise pour la regle de Taylor. Celui-ci est calcule comme difference entre la production observee et une tendance lineaire estimee. Le troisieme graphique de la feuille unobservables indique l’evolution de ces deux valeurs. Il est interessant d’observer que cette estimation de l’ecart est souvent peu sure (Orphanides et van Norden, 1999). En regle generale, les innovations des processus de chocs autoregressifs ont une distribution normale. Font exception les chocs potentiels, ainsi que les chocs au niveau de demande et des prix; ceux-ci permettent une distribution plus generale des innovations. De telles distributions generales peuvent etre etablies par la fonction XSHOCK (voir les explications relatives a la fonction XSHOCK en annexe), qui permet de fixer le parametre d’aplatissement («kurtosis»). Dans l’installation standard de MoPoS, les parametres de kurtosis des chocs potentiels et des chocs au niveau de la demande, ky et kd, sont egaux a zero, de sorte que les innovations ont une distribution nor-male dans l’equation potentielle et dans l’equation de l’ecart de production. En revanche, les innovations de l’equation d’inflation (courbe de Phillips) ont un kurtosis legerement plus eleve (parametre k. = 0,3). Il en decoule que des innovations d’inflation de grande taille sont realisees plus frequemment qu’avec une distribution normale a meme variance.

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