Mesure a l’indice suisse des prix a la consommation, le rencherissement annuel a diminue, passant de 1,6% en moyenne du quatrieme trimestre a 1,3% en janvier, puis a 0,8% en fevrier. Son repli s’explique par la baisse du prix du petrole et par les soldes dans le secteur de l’habillement, dont les prix ont fait pour la premiere fois l’objet d’un releve. Sur le plan de la conjoncture, les risques ont augmente depuis fin 2000. Les entreprises exportatrices ont pu jusqu’ici beneficier de la conjoncture robuste en Europe, mais le refroidissement de l’economie americaine, inattendu par sa rapidite et son ampleur, et le ralentissement observe en Asie freineront l’expansion des exportations suisses. La demande interieure devrait cependant rester un soutien de la conjoncture. Le climat de consommation optimiste, les hausses que les salaires ont enregistrees et la bonne situation regnant sur le marche du travail devraient avoir des effets positifs sur la consommation privee et contribuer a la stabilite de l’evolution economique. De meme, des impulsions favorables continueront sans doute a decouler des investissements. Pour 2001, la Banque nationale s’attend toutefois a une croissance de l’economie suisse legerement inferieure a ce qui etait encore prevu en decembre 2000. La Banque nationale avait alors souligne que le rencherissement pourrait franchir la barre des 2%, au cours de 2001, et s’ecarter ainsi de la zone qu’elle assimile a la stabilite du niveau des prix. Cette hypothese reposait avant tout sur deux facteurs, la hausse du prix du petrole et le vigoureux essor de la conjoncture. L’examen de la situation a la fin du premier trimestre de 2001 a conduit a une modification de l’appreciation des perspectives d’inflation. Deux elements ont joue a cet egard un role determinant. Premierement, le prix du petrole a recule plus rapidement que prevu. En decembre encore, la Ban-que nationale devait partir du principe que le prix du petrole ne diminuerait que graduellement et ne retrouverait le niveau de 25 dollars le baril qu’en 2002. Ce recul a deja eu lieu, et dans un laps de temps tres bref. Aux Etats-Unis, deuxieme element, la conjoncture a faibli plus fortement qu’on ne l’imaginait encore en decembre. Compte tenu de ces elements, la Ban-que nationale estime que le risque de voir l’inflation passer au-dessus de 2% en 2001 est devenu plus faible. Pour ce qui a trait a l’evolution des prix a plus long terme, l’appreciation portee a fin 2000 reste inchangee. L’evolution attendue de la conjoncture et celle de la masse monetaire M3 ne laissent entrevoir aucun risque accru d’inflation ces trois prochaines annees. Apres une hausse legere et temporaire, l’inflation devrait diminuer peu a peu et s’inscrire a environ 1,5% a fin 2003. La Banque nationale considere qu’un leger assouplissement de sa politique monetaire est approprie eu egard aux risques plus faibles qui pesent sur la stabilite des prix et a l’incertitude accrue en matiere conjoncturelle. Rapport destine a la Direction generale, pour l’examen trimestriel de la situation, et au Conseil de banque Le rapport a ete approuve le 22 mars 2001. Autant que possible, il tient compte egalement des informations publiees apres cette date. Les comparaisons d’un trimestre a l’autre reposent sur des donnees corrigees des variations saisonnieres. Le sensible affaiblissement de la conjoncture aux Etats-Unis a constitue le fait saillant de l’economie mondiale dans la seconde moitie de 2000. Ce flechissement n’a eu jusque-la que peu d’incidences sur la situation economique d’autres pays. Il a cependant accru l’incertitude. Au Japon en particulier, la menace d’un nouvel effondrement de la conjoncture s’est precisee, apres le ralentissement observe au second semestre. La banque centrale americaine a contre le flechissement marque de la conjoncture en reduisant ses taux directeurs au premier trimestre de 2001. Les banques centrales britannique et japonaise ont elles aussi assoupli leur politique monetaire. Globalement, la croissance du commerce mondial en 2001 sera sans doute beaucoup moins vive que l’annee precedente. En Europe, la conjoncture est restee robuste, bien que la croissance ait perdu de son dynamisme entre le premier et le second semestre de 2000. A la suite des forts resserrements que la Banque centrale europeenne a donnes a sa politique monetaire en 2000, il fallait s’attendre a un certain ralentissement de la conjoncture. De surcroit, le rencherissement massif du petrole au cours des deux dernieres annees a freine la demande. Malgre l’incertitude croissante liee a l’evolution future de l’economie mondiale, les perspectives conjoncturelles restent favorables dans l’ensemble. Selon les previsions les plus recentes, l’economie americaine devrait connaitre une reprise au cours de 2001 et, pour ce qui a trait a l’Europe, aucun effondrement de la conjoncture n’est attendu. En revanche, le Japon ne devrait surmonter ses problemes economiques que lentement. Sensible refroidissement aux Etats-Unis Aux Etats-Unis, le produit interieur brut reel a augmente de 1,1% seulement (en taux annualise) au quatrieme trimestre; il depassait ainsi de 3,4% le niveau observe un an auparavant, soit une progression sensiblement inferieure a l’expansion de 5% encore atteinte en moyenne de 2000. Ce refroidissement a decoule principalement de la baisse des exportations et des investissements des entreprises ainsi que de la constitution plus faible de stocks. La consommation privee a elle aussi perdu nettement de sa vigueur, alors que la demande du secteur public, qui avait recule au troisieme trimestre, s’est raffermie legerement. L’emploi n’a plus guere progresse, et le taux de chomage s’est maintenu a 4%. Au premier trimestre de 2001, l’economie americaine a sans doute presque stagne. La production industrielle et le taux d’utilisation des capacites de production ont diminue, et d’importants indicateurs – confiance des consommateurs, entrees de commandes dans l’industrie – ont continue a se deteriorer. Leger affaiblissement en Europe En Europe, les impulsions ont faibli, mais beau-coup moins qu’aux Etats-Unis. Dans la zone euro, le produit interieur brut reel s’est accru de 2,9% par rapport a la periode precedente, contre 2,2% au troisieme trimestre (en taux annualises). En comparaison annuelle, il a enregistre une croissance de 3%, apres 3,2% au troisieme trimestre. Au second semestre, la consommation privee et les investissements ont perdu de leur dynamisme, mais l’essor vigoureux des exportations a continue. Grace a la situation economique generalement bonne, l’emploi a poursuivi sa progression. Au quatrieme trimestre, le taux de chomage s’est replie, passant a 8,8%. Il etait ainsi pres d’un point au-dessous du niveau observe un an auparavant. Les indicateurs disponibles laissent presager une croissance economique robuste au premier trimestre de 2001. Les entreprises sont demeurees prudemment optimistes, et le climat de consommation s’est ameliore. La consommation a beneficie de l’amelioration generale de la situation sur le marche du travail et, dans plusieurs pays, de baisses d’impots. Au Royaume-Uni, le produit interieur brut reel a progresse d’environ 2,5% au quatrieme trimestre, contre 3% le trimestre precedent. De sensibles impulsions ont decoule une fois encore de la consommation privee et des exportations.

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