Les benefices de la majorite des banques ont flechi a la suite de la deterioration de la conjoncture mondiale et de la baisse des cours des actions. En 2000, ils avaient cependant atteint des niveaux exeptionnellement eleves. A Londres, virt-x, une entreprise commune de la Bourse suisse et de la plate-forme de negoce britannique Tradepoint, a commence son activite dans le negoce de blue chips europeennes. Les operations se sont bien deroulees sur le plan technique, mais le chiffre d’affaires n’a pas atteint, en 2001, le volume escompte. Apres les attentats terroristes du 11 septembre aux Etats-Unis, le systeme financier suisse a fait preuve d’une bonne capacite de resistance. Le plus grave probleme auquel plusieurs banques suisses se sont heurtees a decoule sans doute de l’incapacite temporaire de fonctionner qui a frappe d’importants correspondants a New York. En Suisse, la plupart des banques, les marches et les infrastructures des marches etaient sains, ce qui a permis de surmonter plus aisement la crise. Des credits ont encore pose probleme a la Banque Cantonale de Geneve. L’etablissement, assaini l’annee precedente, a du transferer d’autres credits a hauts risques a une Fondation de valorisation. Contrairement a la Banque Cantonale de Geneve, la Fondation de valorisation beneficie d’une garantie integrale de l’Etat. A la suite d’une revision extraordinaire, la Banque Cantonale Vaudoise a ete amenee a renforcer considerablement ses provisions. En consequence, l’exercice 2001 s’est solde par une perte, et la banque doit proceder a une augmentation de capital. Le gouvernement vaudois a annonce que le canton participera a cette operation a hauteur de 51%. En septembre, le peuple vaudois avait rejete un projet de loi qui aurait permis au canton de ramener sa participation dans la BCV de 50% a 30%. La stabilite des prix est une condition importante a remplir pour assurer le bon fonctionnement de l’economie. Elle contribue en outre a la prosperite. La politique monetaire de la Banque nationale vise a maintenir la stabilite des prix a moyen terme. Elle cree ainsi des conditions-cadres favorables, qui permettent a l’economie d’utiliser pleinement son potentiel de production. Pour assurer la stabilite des prix, la Banque nationale doit etablir des conditions monetaires appropriees. Un niveau trop bas des taux d’interet engendre un approvisionnement excessif de l’economie en monnaie et, partant, une demande trop forte de biens et de services. Une telle situation stimule la production dans un premier temps. Mais, a la longue, des goulets d’etranglement apparaissent, et l’appareil de production est trop sollicite. Seuls les prix augmentent encore et, du cote de la production, la situation se deteriore de nouveau. Inversement, un niveau excessif des taux d’interet entraine un approvisionnement trop modeste en liquidites, d’ou une demande trop faible. Les prix des biens et services subissent alors des pressions a la baisse, ce qui freine le developpement de l’economie. La Banque nationale a besoin d’indicateurs qui lui permettent de determiner si, compte tenu de l’objectif de la stabilite des prix, le cap donne a sa politique est approprie. A cet egard, l’evolution des agregats monetaires a joue un role de premier plan jusqu’a la fin des annees nonante. Aujourd’hui, la Banque nationale recourt a une large palette d’indicateurs reels et monetaires. La strategie de politique monetaire qu’elle applique depuis le debut de 2000 repose sur trois elements. La Banque nationale definit d’abord ce qu’elle entend par stabilite des prix. Elle fonde ensuite ses decisions de politique monetaire sur une prevision d’inflation a moyen terme. Enfin, sur le plan operationnel, elle assigne une marge de fluctuation a un taux de reference qu’elle a choisi, le Libor a trois mois («London interbank offered rate»). Depuis debut 2000, la Banque nationale renonce egalement a publier un objectif de croissance en termes d’un agregat monetaire. Etant donne qu’elles fournissent de precieuses informations sur l’evolution a moyen terme du rencherissement, les masses monetaires continuent cependant a jouer un role important en tant qu’indicateurs de la politique monetaire. La Banque nationale assimile une hausse annuelle de l’indice suisse des prix a la consommation de moins de 2% a la stabilite des prix. Ainsi, elle tient compte egalement du fait que le rencherissement ne peut etre mesure avec exactitude. Des problemes de mesure decoulent par exemple des ameliorations qualitatives qui sont apportees aux biens et aux services. De telles ameliorations rendent l’inflation tendanciellement un peu plus forte qu’elle ne l’est en realite. En juin et en decembre, la Banque nationale publie une prevision d’inflation pour les trois prochaines annees. La periode de trois ans correspond au laps de temps qui est necessaire a la transmission des impulsions venant de la politique monetaire. Des previsions pour un tel horizon sont cependant grevees de lourdes incertitudes. En publiant une prevision a moyen terme, la Banque nationale souligne la necessite d’adopter une attitude prospective et de reagir suffisamment tot a des dangers aussi bien inflationnistes que deflationnistes. La prevision d’inflation repose generalement sur l’hypothese d’un Libor a trois mois – le taux de reference de la Banque nationale – constant pendant la periode sur laquelle porte la projection. A moyen ou long terme, la tendance du niveau des prix depend de maniere decisive de l’evolution des agregats monetaires. L’agregat M3 en particulier fournit de precieuses informations. A court terme, d’autres indicateurs ayant trait avant tout a l’evolution de la conjoncture et des cours de change sont importants. La Banque nationale commente periodiquement l’evolution des principaux indicateurs de politique monetaire qui entrent dans sa prevision d’inflation. Si l’inflation prevue s’ecarte de la stabilite des prix, une adaptation de la politique monetaire s’impose. La Banque nationale aura tendance a durcir sa politique monetaire lorsque le rencherissement menace de passer a moyen terme au-dessus de 2%. Inversement, elle l’assouplira s’il y a danger de deflation. La Banque nationale doit s’attendre a ce que les prix subissent, a court terme, des mouvements inattendus a la suite notamment de fluctuations des prix des produits petroliers, d’autres prix a l’importation et des cours de change. Elle ne reagit a de tels mouvements que si une evolution inflationniste ou deflationniste durable menace. Chercher a eliminer ces mouvements a court terme pourrait amplifier les fluctuations de la conjoncture, ce qui nuirait sensiblement a l’economie. Une economie nationale est soumise a de nombreuses influences qui viennent du pays comme de l’etranger et engendrent des fluctuations de la conjoncture. De telles fluctuations sont inevitables. La politique monetaire axee sur le moyen terme que mene la Banque nationale contribue cependant a les attenuer. Les pressions a la hausse sur les prix faiblissent dans une phase ou les capacites de production ne sont pas pleinement utilisees et se renforcent lorsqu’il y a surchauffe de l’economie. Aussi la Banque nationale a-t-elle tendance a assouplir sa politique dans le premier cas et a la durcir dans le second. Ce faisant, elle tient compte de la conjoncture et favorise une evolution equilibree de l’economie.